Les aventures NeXT et Pixar
Jobs emmène dans ses valises un paquet d'idées et quelques
cadres clés. Il fonde rapidement NeXT Computer, qui se lance dans la confection
de stations de travail et de solutions logicielles. Les machines NeXT séduisent
quelques grands noms, comme Tim Berners-Lee (le papa du World Wide Web) ou John
Carmack, co-créateur des jeux vidéo Wolfenstein et Doom.
Parallèlement, en 1986, Steve Jobs rachète à George Lucas
une de ses divisions d'effets spéciaux, Graphics Group, pour 10 millions de
dollars, qui devient Pixar. Vingt ans et une demi-douzaine de succès plus tard
(Toy Story, Nemo, Les Indestructibles), Steve Jobs revend la compagnie à Walt
Disney pour 7 milliards de dollars.
En 1996, Apple, qui n'a jamais réussi à séduire le grand
public, est au plus mal. L'entreprise rachète NeXT et Steve Jobs reprend les
rennes. Fin 97, l'entreprise se trouve au bord du dépôt de bilan. L'action
flirte avec les 3 dollars. L'aventure des PDA/tablettes tourne court.
L'impensable arrive: l'ennemi juré, Microsoft, investit 150 millions de dollars
dans Apple contre le droit de sortir sa suite Office sur Mac.
Le patron d'Apple, réputé colérique, coupe des projets et
des têtes. L'entreprise joue son va-tout avec l'iMac, un ordinateur «tout en
un» dessiné par Jonny Ives et décliné en plusieurs couleurs. Et puis vient le
tour de l'iPod, de la première boutique Apple Store, d'une réorganisation de la
chaîne d'approvisionnement, des pubs «Get a Mac», des Macbooks. Apple se lance
dans la vente de musique avec l'iTunes store et transforme l'industrie tout
entière, signant l'arrêt de mort du CD. Malgré des controversés verrous sur les
chansons (DRM), l'iPod/iTunes conquièrent 75% du marché.
Première capitalisation boursière mondiale, En 2004, Steve
Jobs survit à une forme rare de cancer au pancréas, trois ans plus tard, il présente l'iPhone.
Les réactions sont mitigées. L'interface tactile ne fait pas l'unanimité,
l'appareil photo n'arrive pas à la cheville de ceux de Nokia et l'Europe se
gausse face à un téléphone qui n'est même pas compatible avec les réseaux 3G.
Mais la sortie de ses deux successeurs et l'arrivée de l'App store transforment
le paysage des smartphones. Tout à coup, chacun se retrouve avec un
superordinateur dans la poche, connecté en permanence à l’Internet, dont les
fonctions s'étendent à chaque application installée. Malgré la percée
fulgurante d'Android, le système gratuit de Google, qui représente aujourd'hui
plus de 50% des ventes de smartphones, Apple distance tous ses concurrents sur
les marges.
La compagnie qu'il a fondée grimpe en bourse, dépassant
celle de Microsoft –et même aujourd'hui celle d'Exxon Mobil pour la position de
n°1 dans le monde– la santé de Steve Jobs semble décliner.. En 2008, Bloomberg
publie par erreur une nécrologie de Jobs. Début 2009, parlant d'un
«déséquilibre hormonal.» ..
Le succès des tablettes
Il revient en forme en janvier 2010 pour présenter l'iPad.
Après de nombreux échecs, l'heure de la tablette a sonné. A ce jour, Apple a
écoulé plus de 30 millions d'iPad (1 et 2).
Au deuxième trimestre 2011, les bénéfices générés par sa tablette ont dépassé
ceux de la division Mac. Elle semble bien partie, avec le Kindle d'Amazon, pour
secouer le marché de la presse et du livre.
Le 24 août, Steve Jobs annonce qu'il quitte son poste de
directeur général d'Apple pour devenir président du groupe. «Malheureusement ce
jour est venu», écrit-il à la communauté.
Moins de six semaines plus tard, il s'est éteint, au lendemain
de la présentation de l'iPhone 4S. Tim Cook se trouve désormais à la barre,
mais il n'est pas seul. Apple peut compter sur Phil Schiller, le patron du
marketing, pierre angulaire du succès d'Apple; Jonny Ives, designer en chef,
artisan de la renaissance du groupe avec l'iMac et l'iPod, et Scott Forstall,
architecte de Mac OS X et d'iOS. Lire la suite d'article Apple a perdu une source d'innombrables innovation qui ont enrichi et amélioré nos vies « Steve Jobs » (part 3)

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